FOUILLES 2003 IMPRIMER

 

ARCHIVES CHANTIERS 2003

Tumulus n°1 Les Castelets
Dolmen de la Cau
Puech de Mus
Clos de Poujol

Tumulus n° 1 des Castelets
(fouilles Ph. Gruat)

L'extension de la boulangerie industrielle " L'épi du Rouergue ", en lisière orientale de la Z.A. de Lioujas, a nécessité une fouille de sauvetage urgent sur un petit tertre funéraire, le permis de construire ayant déjà été délivré. Le monument est installé sur une légère proéminence du Causse Comtal (620 m), à proximité d'un dolmen coudé fouillé en 1982 par G. Bories et de deux à quatre autres tumulus menacés à court terme.

Les recherches ont été menées par les salariés et les bénévoles de l'association pour la sauvegarde du patrimoine archéologique aveyronnais (A.S.P.A.A.), à partir du centre archéologique départemental de Montrozier, au cours du printemA la base de cette dernière et dans l'axe du monument, une diaclase oblique et étroite, purgée de sa terre rouge de décalcification, a servi à des dépôts funéraires particuliers (restes brûlés et non brûlés toujours de faible dimension). Sa partie utilisée mesure près de 2,30 m de longueur sur 0,10 à 0,35 m de large pour 0, 80 m de profondeur. Le comblement, très sombre et organique, a livré, comme la surface et le remplissage de la chape, de nombreux tessons, recollant parfois à plusieurs mètres de distance. La présence de plusieurs méplats ou cannelures internes suggèrent une datation autour de la transition Bronze / Fer qui sera affinée ultérieurement. ps 2002. Le tumulus, avant fouilles, présentait des dimensions très modestes par rapport aux autres tertres protohistoriques des Causses du Rouergue : 6 m (est / ouest) sur 4,40 m (nord / sud) pour moins de 0,40 m de hauteur centrale.

Basé sur le substrat préalablement décapé, il est constitué de calcaires lithographiques grisâtres du bajocien supérieur et de terre. La chape était initialement délimitée par une couronne de plan quasi circulaire (autour de 4 m de diamètre), avec encore plusieurs assises en élévation, qui devait constituer un parement. Une nette dépression centrale, s'est avérée correspondre à une zone réservée sans pierre, aux limites bien nettes matérialisant manifestement des effets de paroi. Elle était colmatée uniquement par de la terre.


 

En périphérie de la couronne, dans le quart sud-est, un lot d'os très regroupés et probablement initialement dans un contenant périssable, a été également mis au jour en surface. Il s'agit de fragments de diaphyses et de dents dont un sujet adulte au moins.

Le monument, plus qu'une sépulture primaire, évoque un ensemble bien plus complexe. La diaclase, probablement accessible depuis la surface, a vraisemblablement servi à plusieurs dépôts dont il ne reste que peu d'éléments. La poursuite de l'étude des données de fouille, dont celles relatives à l'anthropologie, nous dira peut-être s'il s'agit de dépôts partiels ou d'un monument initial de sépultures en plusieurs temps.

 

   

 

Dolmen de la Cau (fouilles G. Bories)

Le dolmen de la Caux qui a fait l'objet d'un sujet sur France 3 région a livré des vestiges anthropologiques et un mobilier résiduel (2 flèches et 4 perles) au cours d'une fouille désormais terminée par Georges Bories. Aucun aménagement n'a été observé sur le substrat autour des éléments mégalithiques.

 

Puech de Mus : campagne 2003
(fouilles Ph. Gruat)

La campagne 2003 constitue la deuxième année d'un nouveau programme triennal (2002-2004), mené par une équipe pluridisciplinaire, sur cette enceinte de rebord de plateau de la bordure occidentale du Causse du Larzac. Le site, découvert par A. Soutou dans les années 60, fait l'objet de nouvelles recherches depuis 1995. Elles visent à poursuivre la fouille exhaustive d'un secteur de fortifications et d'habitat (S.1), déjà traité sur près de 1500 m2. Comme les années antérieures, les travaux sont mis en œuvre par les salariés et les bénévoles de l'A.S.P.A.A., à partir du centre archéologique départemental de Montrozier. La poursuite des recherches, vers la bordure nord-ouest du plateau, s'est avérée judicieuse, tant la conservation des aménagements est bien meilleure, grâce à une sédimentation nettement plus importante que sur le reste du site. Les acquis, importants au gré des diverses campagnes, renouvellent totalement la perception que l'on avait de l'habitat protohistorique des Grands Causses et de la bordure méridionale du Massif Central. Plusieurs découvertes inattendues ouvrent de nouvelles problématiques, dépassant parfois très largement le cadre régional.


Vue du Puech de Mus,



Les remparts

Un nouvel ouvrage vient se superposer au mur intérieur de l'enceinte initiale dont le mur extérieur est totalement démonté, ses matériaux étant réutilisés pour l'occasion (entre les phases IV à VII). Ce nouveau rempart de pierre, de 3,60 m de large, présente un parement extérieur rythmé, tous les 0,50 m environ, de négatifs de poteaux encastrés. Un tel dispositif, avec des poteaux de façade manifestement très resserrés, conjugué avec un parement extérieur non assis sur le socle mais sur des niveaux préexistants peu stables, expliquent certainement la mauvaise conservation de l'ensemble. Le calcul des volumes des éboulis situés à l'avant et à l'arrière du rempart, suggère une élévation initiale de l'ordre de 2,50 m à l'avant et 2,00 m à l'arrière, voire plus si l'on retient un système en gradins décroissants côté intérieur. Le parement intérieur repose sur un talus de terre, à la surface duquel reposaient des poutrages horizontaux et parallèles (chêne), probablement initialement reliés au poutrage de la façade. L'ensemble, d'environ 4,70 m de large, est une variante et un condensé des remparts des types Kelheim et Preist dont il est, semble-t-il, le représentant le plus au sud et le plus à l'ouest connu à ce jour. L'exploration de la première enceinte (phase III), pourtant déjà menée sur une portion importante de son tracé, a également apporté des informations novatrices. D'abord, le mur intérieur est ici nettement moins large (1,50 à 1,80 m) et son exceptionnelle conservation permet d'envisager l'emplacement du parement intérieur sous la forme d'un coffrage de bois (chêne) maintenu par deux poteaux disposés deux par deux. Ensuite, une palissade se substitue, peut-être, au parement extérieur du mur extérieur à poutrage interne, là aussi de moindre largeur. Quoiqu'il en soit, l'ensemble de l'ouvrage est une variante, malgré des différences certaines, du type Altkönig-Preist. En domaine celtique auquel renvoie indiscutablement ces fortifications, le type Altkönig-Preist précède généralement le type Kelheim, comme au Puech de Mus.

 


Vue du chantier en cours de fouilles


La phase la plus récente, est attribuable à la seconde moitié du Ve et au tout début du IVe s. av. J.-C. Plus regroupée derrière la courtine que la phase précédente, elle est tout aussi dense dans la partie basse du site, mieux préservée de l'érosion. Un nouveau secteur de forge a été mis au jour et succède, en chronologie relative, à celui du bâtiment 3. Il s'organise autour d'une série de foyers de forge originaux, sur sole d'argile surmontée initialement d'un entourage de pierre luté à l'argile. Ces structures, en partie à ciel ouvert, sont bordées par plusieurs auvents ou hangars sur poteaux porteurs dont les contours commencent à se dessiner. La bonne conservation des soles, associées à des concentrations importantes de battitures, de scories, de parois de four (dont un passage de tuyère) et d'objets en fer, permet d'avoir de sérieux arguments pour des propositions de fonctionnement et pour caractériser les phases de la chaîne opératoire de cet artisanat. Les premières analyses (A. Ploquin, CRPG) confirment d'ores et déjà les données de terrain et soulignent l'importance scientifique des nouvelles structures foyères mises au jour. Ces données indiquent clairement que cette forge pratiquait toutes les opérations classiques (mise en forme, soudure, voire épuration) et que de l'acier était utilisé.



Dévidoir en céramique retrouvé lors de la campagne 2003

Mobilier

L'abondant matériel mis au jour confirme une occupation centrée sur le Ve s. av. J.-C., avec des céramiques d'importation du domaine méditerranéen et probablement du monde celtique (piédouche à pâte micacée mis au jour en 2002), toujours en faible quantité. La découverte de plusieurs fragments de céramiques méditerranéennes (amphore étrusque de type 3A ou B, pied de calice en bucchero nero et peut-être de grise monochrome de Grèce de l'Est à pâte rougeâtre à cœur) de la première moitié du VIe s. av. J.-C., est exceptionnelle pour la région à aussi haute époque. Bien que découverts jusqu'à présent en position secondaire dans les niveaux du Ve s. av. J.-C., ces tessons confirment que le site était déjà occupé à cette époque, ce que certaines pièces métalliques suggéraient déjà. La localisation de cet habitat commence à se préciser : à l'extrémité nord-ouest du plateau et un peu en retrait de la zone de fouille actuelle. En outre, ces importations font débuter l'axe économique reliant la côte languedocienne au Massif Central bien plus tôt qu'on ne le pensait. Parmi les autres nouveautés marquantes on se doit de signaler la découverte : · d'un bord à vernis noir de kylix attique ; · de quatre micro vases modelés concentrés prés d'un grand foyer de forge (FO. 41), se rapprochant de ceux de Bragny en Saône et Loire où l'activité métallurgique est également très importante ; · d'un dévidoir à fil en céramique, complet et unique pour l'instant en Aveyron ; · d'une forme inédite (dinos) en céramique grise monochrome d'Occident, probablement une production régionale (Grands Causses ou Lodévois ?).

Les structures à l'intérieur de l'enceinte

Dans l'oppidum, de nombreuses structures, bien conservées, précisent l'organisation de deux phases successives d'habitat du Ve s. av. J.-C. sans aucun hiatus perceptible tant à la fouille que sur le plan sédimentaire (u.s. 1005). Elles résultent probablement d'une occupation continue. En 2003, les nouvelles structures mises au jour sont les suivantes : · 25 trous de poteaux (TP. 99 à 123), dont un double (TP. 109) ; · 10 foyers sur soles d'argiles (FO. 38 bis à 46) ; · 4 massifs de pierres quadrangulaires (M. 8, 10 à 12) ; · 2 solins ou murets de pierres (M. 9 et 13) ; · 5 pierres dressées (D. 10 à 14). La phase la plus ancienne, se met en place autour du milieu du Ve s. av. J.-C. Particulièrement dense, elle amorce le plan de plusieurs bâtiments probablement absidiaux, dont un détruit par un violent incendie, nous livrant des données paléo-ethnographiques intéressantes : pans de torchis, graines carbonisées ( étude de Ph. Marinval), etc. Un important secteur vierge de toute structure (3,5 x 11,50 m au moins), perpendiculaire au mur d'enceinte, sépare deux zones bien distinctes. Il contraste pour le moins avec la densité observée de part et d'autre ainsi que dans l'habitat supérieur. Bien plus importante par ses dimensions que les axes de circulation séparant les divers bâtiments se développant plus au sud-est, cette zone correspond manifestement à un espace public ou communautaire sur lequel on a scrupuleusement veillé à ce qu'aucun aménagement domestique n'empiète. Son implantation s'accompagne d'un changement important dans l'orientation de la trame générale en vigueur plus au sud-est (25° d'écart).

 


Un peu de réconfort...

 

Clos de Poujol à Campagnac
(fouilles M. Boboeuf)

 

Le clos de Poujol a eu lieu au cours du mois de juillet. Il s'agit d'un abri sous roche de l'époque du Mésolithique situé sur la commune de Campagnac. Contact : marc.boboeuf@mpsa.com

 


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